Mohamed Ibn 'Abdallah (futur messager d'Allah -salelah alahyi wa salam)
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est né en Arabie en 570/571 (l'année de l'éléphant)
Selon Abou Qatâda (رضي الله عنه) , on interrogea le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) sur le jeûne du lundi. Il dit : "C'est un jour où je suis né et où je fus suscité comme Messager". (Mouslim)
Il ne connut pas son père, Abdallah Ben Abdelmottalib, qui décéda quelques mois avant sa naissance d'une maladie. Il fut confié par sa mère Amina dès son jeune âge à une nourrice du nom de Halima (des bani saad) et c'est durant cette période que l'enfant fit la rencontre avec l'Ange Jibril (as) qui lui ouvrit la poitrine, lui lava le coeur et en sortit une boule noire. Sourate 94 : L'ouverture(As-Sarh)
" 1. N'avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine ?
2. Et ne t'avons-Nous pas déchargé du fardeau
3. qui accablait ton dos ? "
A cet égard, Mouslim rapporte de Anas, que Jibril s’était présenté au Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) alors que celui-ci jouait avec les garçons. Il le saisit, le terrassa et fendit son cœur duquel il sortit une sangsue et dit : « Voici la part que Satan a de toi ». Il lava ensuite la sangsue dans une cuvette en or avec de l’eau de Zam-Zam, la banda et la remit à sa place. Les garçons se précipitèrent vers sa mère ( sa nourrice ) et dirent : « On a tué Muhammad ». Les gens accoururent vers lui et le trouvèrent pâle. Anas dit avoir vu l’effet de l’opération sur sa poitrine.
***La " fente de poitrine "
Alors que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) avait 4 ou 5 ans, il se passa un évènement que raconte Halîma elle-même dans son récit: [...] Quelques mois après notre retour, alors qu'il gardait les moutons avec son frère de lait, derrière les tentes, celui-ci vint en courant nous dire :
Mon frère le Qouraychite vient d'être saisi par 2 inconnus habillés en blanc, qui l'ont mis à terre et lui ont ouvert le ventre ! Nous accourûmes vers lui. Il était debout et pâle.Je le serrai dans mes bras, ainsi que mon mari.
-Qu'as-tu mon enfant, lui dis-je ?
-Deux hommes habillés en blanc, dit-il, m'ont couché par terre et m'ont ouvert le ventre pour y chercher je ne sais quoi [...]
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) montrera plus tard la trace de sa cousure aux Compagnons (,), et Anas Ibn Mâlik (ra) témoignera en disant : J'ai vu la trace de la poitrine du Prophète.
Retour de Muhammad chez sa mère
Après l’événement de la fente, Halima eut tellement peur pour la vie de Muhammad qu’elle rendit celui-ci à sa mère. Alors, l’enfant resta chez sa mère jusqu’à l’âge de six ans.
Commémorant le décès de son mari, Amina se proposa d’aller en visiter la tombe à Yathrib. Elle sortit de la Mecque pour un voyage long de 500 km, en compagnie de son enfant orphelin, Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui), de sa servante Oum Ayman et de Abdil-Mouttalib. Elle resta pendant un mois à Yathrib avant de prendre le chemin du retour. A mi-chemin elle fut frappée d’une maladie qui s’aggrava tellement qu’elle en mourut, à Abwâ, entre la Mecque et Médine.
Muhammad à la charge de son grand-père
Abdoul-Mouttalib ramena Muhammad à la Mecque le cœur rempli d’affection et de sympathie pour son petit-fils orphelin que venait d’atteindre un autre malheur, en plus du premier. Il ne le laissait jamais seul et le préférait à ceux-ci. Selon ibn Hicham, on avait l’habitude de placer un matelas autour duquel s’installaient les fils de celui-ci jusqu’à l’arrivée de leur père. Aucun de tels fils n’osait s’asseoir. Ses oncles voyant cela, avaient l’habitude de l’en écarter. S’apercevant qu’on l’écartait Abdil-Mouttalib disait : « Laisser mon fils ! Par Allah il est important ». Sur ces mots, il s’asseyait avec lui sur le matelas, lui massant le dos de sa main. Tout ce qu’il faisait le réjouissait.
A 8 ans, 2 mois et dix jours, Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) perdit son grand-père Abdoul-Mouttalib à la Mecque. Toutefois, avant sa mort celui-ci l’avait confié à son oncle Abou Tâlib, frère germain de son père.
Muhammad chez son oncle Abou Tâlib
Abou Tâlib se chargea de la défense de son neveu de la manière la plus complète, le comptant parmi ses fils, le préférant même à ceux-ci, lui réservant un traitement de respect et de considération. Pendant plus de quarante ans, il l’affectionna et le soutint, assura sa protection, eut pour la défense de sa cause des amis et des ennemis.
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mariage avec khadija (qu'Allah l'agrée)
Lorsque Maysara (au service de khadija) rapporta à Khadîja ce qu'il avait vu du caractère de Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) durant les transactions, elle le fit chercher. Elle lui dit : "Ô cousin, vraiment, je t'apprécie en raison des liens familiaux qui nous unissent, de l'incontestable noblesse de tes origines, de ton honnêteté et de ta sincérité, mais aussi pour l'intégrité de ton caractère et la véracité de tes propos."
Et elle lui proposa le mariage. Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) en fit part à ses oncles. Hamza vint avec lui et ils appelèrent Khouwaylid qui dit (en ce sens) : "Il est fort, rien ne peut l'atteindre". (Il exprima de la sorte son approbation pour le mariage…)
Elle lui donna 6 enfants : Al-Qâsim, 'Abdoullah (surnommé Tayyib (le bon) et Tâhir (le pur)), Zaynab, Rouqqayya, Oum Koulthoum, et Fâtima (رضي الله عنهم).
Toutes ses filles ont vécu jusqu'à la révélation de l'Islam et ont émigré avec lui.
'Aïcha (رضي الله عنها) a dit : "Je n'ai jamais éprouvé de jalousie vis-à-vis des épouses du Prophète (صلى الله عليه و سلم) comme j'en ai éprouvée vis-à-vis de Khadija (رضي الله عنها) alors que je ne l'avais jamais vue. Il ne cessait en effet de parler d'elle. Quand il égorgeait un agneau, il lui arrivait de le couper en morceaux pour les envoyer aux anciennes amies de Khadija. Il m'est peut-être arrivé de lui dire : "On dirait qu'il n'existe au monde d'autres femmes que Khadija!"
Il disait : "Elle était ceci, elle était cela et c'est d'elle que j'ai eu des enfants". (Al-Boukhâri, Mouslim)
D'après Abou Hourayra (رضي الله عنه) : Jibril est venu au Prophète (صلى الله عليه و سلم) et lui a dit : "ô Messager d'Allâh voici Khadija qui arrive et avec elle un récipient contenant de la sauce de la nourriture ou une boisson. Lorsqu'elle te rejoint passe lui le Salam de son Seigneur et de ma part et annonce lui la bonne nouvelle d'une maison au Paradis faite de roseaux où il n'y a ni bruit ni fatigue". (Al-Boukhâri)
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Les femmes qui ont atteint la perfection dans ce monde sont au nombre de quatre : Meriem, Asiya la femme de Pharaon, Khadîja la mère des croyants, et Fâtima la fille de Mouhammad".
Une fois, alors que aآicha (رضي الله عنها) s'était plaint et avait demandé à son époux pourquoi il parlait tant de Khadija (qu'Allah l'agrée) le Prophète (صلى الله عليه و سلم) fut blessé et lui dit : "Elle fut l'épouse qui a cru en moi quand d'autres m'ont rejeté. Quand les gens m'accusaient de mentir, elle a affirmé ma sincérité. Quand j'ai été abandonné, elle a dépensé sa richesse pour soulager le poids de ma douleur".
Khadîja (رضي الله عنها) était surnommée "La Pure dans la jâhiliyyah et dans l'islam".
Dans les Siyar d'At-Taymî, on dit qu'elle était qualifiée de " la Dame des femmes de Qoraysh ".
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CHAPITRE PREMIER. - De quelle façon se manifesta la révélation chez l'Envoyé de Dieu?
-sahih el Boukhary-
- De ces mots du Coran : "Nous t'avons envoyé la Révélation ainsi que nous l'avions fait pour Noé et les prophètes qui sont venus après lui" (sourate IV, verset).
1. 'Alqama-ben-Waqqâs-El-Leïtsi rapporte que 'Omar-ben-El-Khattaâb, étant en chaire, s'exprima dans les termes suivants : "J'ai entendu l'Envoyé de Dieu dire : "Les actions ne valent que par les "intentions". Il ne sera donc tenu compte à chaque homme que de ses intentions. Pour celui qui aura émigré en vue de biens terrestres, ou afin de trouver une femme à épouser, l'émigration ne comptera que pour le but qui aura déterminé son voyage."
2. D'après 'Aïcha, la mère des Croyants, El-Harits-ben-Hichâm ayant dit au Prophète : "Envoyé de Dieu, comment te vient la Révélation ?", celui-ci répondit : "A certains moments, elle m'arrive pareille au tintement d'une clochette, et c'est pour moi la plus pénible. Puis la Révélation s'interrompt, et alors seulement je saisis ce que l'ange m'a transmis. D'autres fois, l'ange se montre à moi sous une forme humaine, il me parle et je retiens ce qu'il m'a dit."
'Aïcha ajoute : " Certains jours que le froid était très vif, je vis le Prophète recevoir la Révélation ; au moment où elle cessait, le front du Prophète ruisselait de sueur."
3. 'Aïcha, la mère des Croyants, a dit : "La Révélation débuta chez le Prophète par de pieuses visions qu'il avait pendant son sommeil. Pas une seule de ces visions ne lui apparut sinon avec une clarté semblable à celle de l'aurore. Plus tard, il se prit à aimer la retraite. Il se retira alors dans la caverne de Hirâ, où il se livra au tahannouts, c'est-à-dire à la pratique d'actes d'adoration durant un certain nombre de nuits consécutives, sans qu'il revînt chez lui ; aussi se munissait-il à cet effet de provisions de bouche. Ensuite il revenait vers Khadîja et prenait les provisions nécessaires pour une nouvelle retraite. Cela dura jusqu'à ce que la Vérité lui fut enfin apportée dans cette caverne de Hirâ.
"L'ange vint alors le trouver et lui dit : "Lis ! ---Je ne suis "point de ceux qui lisent", répondit-il. L'ange me saisit aussitôt, raconta le Prophète ; il me pressa au point de me faire perdre toute force et me répéta ce mot : "Lis ! --- Je ne suis point de ceux "qui lisent," répliquai-je encore. Pour la troisième fois l'ange me saisit, me pressa au point de m'enlever toute force, puis me lâcha en disant : "Lis : au nom de ton Seigneur qui a créé. --- Il a créé "l'homme de sang coagulé. --- Lis : et ton Seigneur est le très "généreux" (sourate XCVI, versets 1, 2 et 3).
"En possession de ces versets, le coeur tout palpitant, le Prophète rentra chez Khadîdja-bent-Khowaïlid et s'écria : "Enveloppez-moi ! "Enveloppez-moi !" On s'empressa de le tenir enveloppé jusqu'au moment où son effroi fut dissipé. Alors, s'adressant à Khadîdja, il la mit au courant de ce qui s'était passé, puis il ajouta : "Ah ! j'ai cru que j'en mourrais ! --- Non pas ! répondit Khadîdja. Certes jamais Allah ne t'infligera d'affronts ; car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n'ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les victimes des vicissitudes du droit."
"Ensuite Khadîdja emmena Mohamed chez Waraqa-ben-Naufal-ben-Asad-ben-'Abd-el-'Ozza. Cet homme, qui était le cousin paternel de Khadîdja, avait embrassé le christianisme aux temps antéislamiques. Il savait tracer les caractères hébraïques, et avait copié en hébreu toute la partie de l'Evangile que Allah avait voulu qu'il transcrivit. A cette époque il était âgé et était devenu aveugle : "Ô mon cousin, lui dit Khadîdja, écoute ce que va te dire le fils de ton frère. --- Ô fils de mon frère, répondit Waraqa, de quoi s'agit-il ?" Le Prophète raconta alors ce qu'il avait vu. "Cet ange, dit Waraqa, c'est le Confident qu'Allah a envoyé autrefois à Moïse. Plût à Allah que je fusse jeune en ce moment ! Ah ! que je voudrais être encore vivant à l'époque où tes concitoyens te banniront ! ---Ils me chasseront donc, s'écria le Prophète ? --- Oui, reprit Waraqa. Jamais un homme n'a apporté ce que tu apportes sans être persécuté ! Si je vis encore ce jour-là, je t'aiderai de toutes mes forces." Après cela Waraqa ne tarda pas à mourir, et la Révélation fut interrompue."
Parlant de cette interruption, Djâbir-ben-'Abdellah-El-Ansari rapporte la tradition suivante : "Tandis que je marchais, dit le Prophète, j'entendis une voix qui venait du ciel. Levant alors les yeux, j'aperçus l'ange qui était venu me trouver à Hirâ ; il était assis sur un trône entre le ciel et la terre. Effrayé à cette vue, je rentrai chez moi en criant : "Enveloppez-moi ! enveloppez-moi !" Alors Dieu me révéla ces versets : "Ô toi qui es enveloppé, lève-toi et menace du châtiment" (sourate LXXIV, versets 1 et 2), et continua jusqu'à ces mots : "Et l'idolâtrie, fuis-là" (sourate LXXIV, verset 5). Après cela la Révélation reprit avec ardeur et continua sans interruption."
4. Suivant Sa'îd-ben-Djobair, voici comment Ibn-'Abbâs commentait le verset du Coran : "N'agite pas ta langue afin de hâter ainsi la Révélation" (sourate LXXV, verset 16). "L'Envoyé de Dieu essayait de calmer la souffrance que lui inspirait la Révélation, et c'est dans ce but qu'il remuait les lèvres." Ce disant, Ibn-'Abbas remuait les lèvres et ajoutait : "Regarde, je les remue de la même façon que le faisait l'Envoyé de Dieu." A son tour Sa'îd rapportant cette tradition, remuait les lèvres et disait : "Je les remue comme je l'ai vu faire à Ibn-'Abbâs." Ce fut dans ces circonstances que Dieu fit descendre ce verset : "N'agite pas ta langue afin de hâter ainsi la Révélation. --- C'est à nous qu'incombe l'assemblage de ces textes et leur récitation" (sourate LXXV, verset 16 et 17). Ibn-'Abbâs expliquait ces derniers mots en disant : "Dieu les assemblera dans ta poitrine et tu les réciteras ensuite." Dans le verset : "Lorsque nous le réciterons, suis sa récitation" (sourate LXXV, verset 16), Ibn-'Abbâs expliquait les derniers mots par : "Ecoute la récitation et tais-toi." Enfin ce verset : "Ensuite ce sera à nous de le rendre explicite" (sourate LXXV, verset 19), doit s'entendre, selon Ibn-'Abbâs : "Ensuite ce sera à nous de te le faire réciter". Après cette Révélation, chaque fois que Gabriel venait trouver l'Envoyé de Dieu, celui-ci l'écoutait, puis dès que Gabriel était parti, il récitait le Coran exactement comme l'ange l'avait récité.
5. Ibn-'Abbâs rapporte que nul n'était généreux à l'égal de l'Envoyé de Dieu, et que cette générosité se manifestait surtout durant le mois de Ramadân, à la suite de ses entrevues avec Gabriel qui venait chaque nuit lui enseigner le Coran. A ce moment-là l'Envoyé de Dieu était plus généreux que le vent envoyé par Dieu. (c'est-à-dire les vents qui amènent la pluie)
6. Abou-Sofyân-ben-Harb a raconté qu'il fut mandé par Héraclius à l'époque où il se trouvait en Syrie à la tête d'une caravane de marchands qoraïchites, et au cours de la trêve (la trêve de Hodaibiya) que le Prophète avait conclue avec lui et les infidèles de Qoraïch. Les envoyés d'Héraclius arrivèrent auprès d'Abou-Sofyân au moment où l'empereur et sa suite se trouvaient à Ilya (transcription arabe de la première partie du nom que portait à cette époque Jérusalem, Elia Capitolina.) Entouré de grands personnages grecs, Héraclius convoqua les Qoraïchites dans sa salle de réception ; puis, il les fit introduire en sa présence et invita son interprète à leur dire : "Lequel d'entre vous est le plus proche parent de cet homme qui prétend être prophète ? --- C'est moi répondit Abou-Sofyân. --- Qu'on fasse approcher cet homme de moi, dit l'empereur ; qu'on fasse également rapprocher ses compagnons et qu'ils soient placés contre son dos." Alors, s'adressant à son interprète : "Dis-leur, reprit-il, que je vais interroger cet homme sur le prétendu prophète ; si cet homme ment, ses compagnons devront relever ses mensonges." En faisant ce récit, Abou-Sofyân ajouta "Par Dieu ! si je n'avais eu honte de voir relever mes mensonges par mes compagnons, j'aurais hardiment menti sur son compte. La première question qui me fut posée fut la suivante : "Quel rang sa famille occupe-t-elle parmi vous ? --- Elle jouit d'une grande considération, répondis-je. ---Quelqu'un parmi vous, poursuivit Héraclius, a-t-il jamais tenu avant lui de semblables propos ? ---Non. --- Quelqu'un de ses ancêtres a-t-il régné ? ---Non, répliquai-je. ---Ses partisans se recrutent-ils dans les hautes classes ou parmi les humbles ? --- Parmi les humbles. ---Leur nombre augmente-t-il ou va-t-il en décroissant ? ---Il augmente. --- En est-il parmi eux qui après avoir adopté sa religion la prennent ensuite en aversion et apostasient ? --- Non. --- Le soupçonniez vous de mensonge avant qu'il ne tînt les discours qu'il tient aujourd'hui ? ---Non. --- Trahit-il ses engagement ? ---Non ; mais nous avons conclu une trêve avec lui en ce moment et nous ignorons comment il se conduira au cours de cette trêve." Cette réponse ajouta Abou-Sofyân, fut la seule dans laquelle je pus glisser une insinuation contre Mohamed.
"Poursuivant ses questions, Héraclius dit : "Avez-vous été en guerre avec lui ? --- Oui, répondis-je. ---Quelle a été l'issue des combats livrés ? --- La guerre entre nous a eu des alternatives ; tantôt c'est lui qui l'a emporté sur nous, tantôt c'est nous qui l'avons emporté sur lui. --- Et que vous ordonne-t-il donc ? --- Il nous dit de n'adorer que Dieu seul ; de ne lui associer aucun être ; de renoncer aux croyances de nos pères. Il nous ordonne de prier ; d'être de bonne foi ; d'avoir des moeurs pures ; de rester unis avec nos proches." Alors Héraclius chargea son interprète de dire à Abou-Sofyân : "Je t'ai interrogé sur sa famille et tu m'as répondu qu'il était de bonne naissance. Or les envoyés de Dieu ont toujours été choisis parmi les plus nobles du peuple chez lequel ils remplissaient leur mission. Je t'ai demandé si quelqu'un parmi vous avait tenu de semblables discours, et tu m'as répondu que non. Alors en moi-même j'ai pensé que si quelqu'un avant lui avait tenu les mêmes propos, je pourrais croire que cet homme ne faisait qu'imiter les enseignements de ses prédécesseurs. Je t'ai demandé si parmi ses ancêtres il y en avait eu un qui eût régné et tu m'as dit que non. En posant cette question je pensais que, si un de ses ancêtres avait régné, cet homme cherchait à remonter sur le trône de ses pères. Je t'ai demandé si, avant qu'il vous tînt ses discours, vous le soupçonniez d'être un menteur et tu m'as répondu que non. J'ai compris par là que s'il n'était pas homme à mentir à l'égard de ses semblables il ne pouvait mentir à l'égard de Dieu. Je t'ai demandé si ses adeptes se recrutaient parmi les grands ou parmi les humbles et tu m'as répondu que c'était parmi les humbles. Or c'est toujours eux qui forment les partisans des prophètes. Je t'ai demandé s'ils augmentaient en nombre ou s'ils diminuaient et tu m'as répondu qu'ils allaient en augmentant. Or c'est bien là le propre de la foi de croître jusqu'à sa complète évolution. Je t'ai demandé si quelques-uns d'entre eux après avoir embrassé la foi s'en détournaient avec horreur et la reniaient et tu m'as répondu que non. Et c'est bien ainsi qu'agit la foi quand sa grâce pénètre dans les coeurs. Je t'ai demandé s'il manquait à ses engagements et tu m'as répondu que non. Il en est ainsi des prophètes, ils ne trahissent point. Je t'ai demandé ce qu'il vous ordonnait et tu m'as répondu qu'il vous ordonnait d'adorer Dieu, de ne lui associer aucun être, qu'il vous défendait d'adorer des idoles ; qu'il vous prescrivait la prière, la bonne foi et la pureté des moeurs. Si donc ce que tu dis est vrai, cet homme conquerra cet endroit même que foulent mes deux pieds. Je savais d'ailleurs que cet homme allait bientôt paraître, mais je ne supposais pas que ce serait l'un d'entre vous. Quant à moi, si je savais pouvoir parvenir jusqu'à lui, je ferais tous mes efforts pour l'aller trouver et dès que je serais auprès de lui je laverais la poussière de ses pieds."
Ensuite Héraclius donna l'ordre d'apporter la lettre que le Prophète avait fait remettre par Dihya au gouverneur de Bosra et que ce dernier lui avait transmise. Il lut la lettre qui était ainsi conçue : "Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. De la part de Mohamed, l'adorateur de Dieu et son envoyé à Héraclius le chef des grecs. Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite. Je t'appelle à la foi musulmane ; convertis-toi à l'islamisme, tu seras sauvé et Dieu te donnera une double part de récompense. Si tu te détournes de l'islam tu seras en outre responsable du péché commis par tes sujets. "Ô gens de l'Ecriture, venez à l'appel d'une prole qui vous est commune à nous comme à vous, à savoir que nous ne devons adorer que Dieu et ne lui associer aucun être ; qu'aucun de nous n'en prenne quelque autre comme souverain suprême à l'exclusion de Dieu. S'ils se détournent à cet appel dites-leur : "Soyez témoins que nous sommes musulmans" (sourate III, verset 57).
Abou-Sofyân poursuit son récit en ces termes : "Lorsque Héraclius eut prononcé les paroles qui viennent d'être rapportées et qu'il eut achevé de lire la lettre du Prophète, un grand tumulte se produisit dans son entourage et des cris violents retentirent. On nous fit alors sortir et pendant que nous sortions je dis à mes compagnons : "Il faut que les affaires du d'Abou-Kebcha aient pris de l'importance puisque le prince des Benou-'l-Asfar le redoute." Et depuis ce jour jusqu'au moment où Dieu m'imprégna de l'islam, je demeurai convaincu du succès de Mohamed.
Ibn-En-Nâtour, gouverneur de Ilya, ami d'Héraclius et évêque des chrétiens de Syrie, raconte ce qui suit : "Héraclius, de passage à Ilya, se leva un matin de fort méchante humeur. Un de ses patrices lui dit alors : "Nous voyons avec peine que tu n'as pas ton air accoutumé." Ibn-En-Nâtour ajoute que Héraclius, qui était devin et qui observait les astres, répondit alors à l'observation qu'on venait de lui faire : "Cette nuit, en regardant les astres, j'ai vu que l'avènement du prince des circoncis venait d'avoir lieu. Quelles sont donc les nations actuelles qui pratiquent la circoncision ? --- Les Juifs seuls, répondirent les courtisans, pratiquent la circoncision. N'aie donc pas la moindre inquiétude à leur sujet. Ecris dans toutes les villes de ton royaume pour ordonner qu'on mette à mort tous les Juifs qui s'y trouvent."
Ils en étaient là de leur conciliabule, quand se présenta à Héraclius un messager du prince de Ghassân chargé d'annoncer à l'empereur l'apparition du Prophète. Après avoir interrogé ce messager Héraclius dit à ceux qui l'entouraient : "Allez examiner cet homme et voyez si oui ou non il est circoncis." L'examen terminé, ils déclarèrent à Héraclius que le messager était circoncis. L'empereur lui ayant alors demandé si les Arabes étaient circoncis et la réponse ayant été que oui, il s'écria : "Ce que j'avais vu, c'était donc l'avènement au pouvoir de ce peuple." Ensuite il écrivit à un de ses amis dont la science égalait la sienne et qui habitait Rome, puis il se mit en route pour Emèse. Il n'était pas encore arrivé dans cette ville qu'il reçut de son ami une lettre qui confirmait l'idée qu'il avait eue de l'avènement de Mohamed et du caractère prophétique de sa mission. Alors Héraclius convoqua tous les grands personnages grecs dans la grande salle intérieure de son palais d'Emèse et, après en avoir fait fermer les portes, il se plaça dans un endroit élevé et dit : "Peuple grec, désirez-vous le bonheur ? Voulez-vous être dans la voie droite et conserver votre suprématie ? Eh bien ! prêtez serment de fidélité à ce Prophète !" En entendant ces mots les Grecs avec la furie d'ânes sauvages, se ruèrent vers les portes, mais ils les trouvèrent fermées. Désespérant alors de les amener à la foi, Héraclius donna l'ordre de ramener tout le monde devant lui et dit : "Le discours que je viens de vous tenir n'avait d'autre but que d'éprouver la force de votre attachement à votre religion ; maintenant je suis édifié." Les Grecs se prosternèrent aussitôt devant lui et lui marquèrent leur satisfaction. Ainsi finit cette aventure de Héraclius.
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L’avènement de la prophétie et de la mission
Dans la grotte de Hirâ
Aux environs de la quarantaine, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) constata que ses méditations antérieures avaient élargi le fossé entre lui et son peuple et préféra la solitude. Muni de vivre et d’eau, il se rendait à la grotte de Hira, dans la montagne de la lumière ( Jabel An-Nour) située à peu près à 4 km de la Mecque.
Il s’agit d’une grotte agréable de 4 coudées de long et de 1.75 coudées de large. Il y passait le mois de Ramadan, nourrissait les pauvres qui les rejoignaient, passait son temps à l’adoration et à la réflexion sur la puissance créatrice qu’ils cachaient.
L’associationnisme absurde et les représentations inconsistantes de son peuple ne le rassuraient pas.
Cependant, il ne disposait ni d’une voie claire, ni d’une méthode définie, ni d’une démarche orientée pouvant lui apporter dans ce sens quiétude et satisfaction.
Son choix de la solitude était un aspect de la guidance d’allah à son égard, guidance destinée à le détacher des préoccupations d’ordre terrestre, du tumulte de la vie, des petites considérations dont les gens meublaient leur vie, aux fins de le préparer à la grande affaire qui l’attendait.
Ainsi, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) s’apprêter à endosser la lourde responsabilité, à changer la face du globe et à modifier le cours de l’histoire.
Pendant 3 ans, Allah le voua à cette solitude avant de lui faire porter Son message.
Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se lança donc dans cette solitude pendant un mois au cours duquel il communiait avec l’esprit de l’univers.
Méditait sur le mystère que cachait l’existence, jusqu’au moment où sonna l’heure de traiter
Avec ce mystère sous l’autorisation d’allah.
Jibril ( Gabriel) descendit avec la révélation
Lorsque le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) eut 40 ans révolus-ce qui est la pointe de perfection à partir de laquelle, selon certain, Allah choisit Ses prophètes- les indices de la prophétie commencèrent à ce faire jour.
De ces indices, on note qu’une pierre de la mecque saluait le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) et que celui- ci ne faisait aucun rêve qu’il ne vit se réaliser. Ces indices apparurent pendant 6 mois. La durée de la prophétie fut de 23 ans. Quant aux rêves vrais, ils constituent une des 46 éléments de la prophétie.
Au mois de Ramadan de la troisième année de solitude dans la grotte de Hira, il plut à Allah d’inonder l’humanité de sa clémence en choisissant Mohammed comme prophète et comme messager. Il envoya Jibril (Gabriel) lui révéler des versets du Coran.
Après observation et méditation des recoupements et des indicateurs, on peut identifier ce jour-là comme étant le lundi 21 du mois de Ramadan, dans la nuit, ce qui correspond au Dix août 610 G.
A l’époque, le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait exactement quarante années lunaires, 6 mois et 12 jours ou en d’autres termes 39 années solaires, 3 mois et 20 jours.
Ecoutons Aicha l’intime (qu’Allah soit satisfait d’elle) nous raconter l’histoire de cet événement qui, point de départ de la prophétie, commençait à repousser les ténèbres de l’impiété et de l’égarement
Au point de changer le cours de la vie et aussi de modifier la perspective de l’histoire.
Elle dit : « les premières manifestations de la révélation chez Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) furent des rêves profitables : Il ne faisait aucun rêve sans en voir la réalisation. Ensuite, on lui fait aimer la solitude.
A cet égard, muni de provisions, il s’isolait dans la grotte de Hira, fuyant l’adoration des idoles et se consacrant à Allah, s’approvisionnait et repartait, ainsi de suite jusqu’au moment où la vérité apparut dans la cave.
Alors, l’ange se présenta lui et dit : « Récite ! »
« Je ne sais pas réciter » dit le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui). L’ange le saisit et l’étrangla jusqu’au point de le mener à l’étouffement.
Ensuite, il le lâcha et reprit : « récite ! » Le prophète répéta : « Je ne sais pas réciter ». L’ange l’étrangla une deuxième fois au point de le mener à l’étouffement, après quoi il le lâcha et dit : « je ne sais pas réciter ». L’ange, le saisit une troisième fois et l’étrangla ensuite, il le lâcha et dit « récite ». Le prophète insista alors, il dit :
« Récite au nom de ton seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Récite, ton seigneur est le très noble » Sourate 'L'adhérence' verset 1, 2 et 3.
Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) revint tout tremblant. Il se présenta chez Khadija, la fille de Khouwaylid disant : « Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! » on l’enveloppa jusqu’au moment
Où se dissipa sa frayeur. Alors il dit à khadija : « Qu’est ce qui m’arrive ? »
Celle-ci lui retraça la scène. Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) reprit : « j’avais peur pour moi-même » « non ! » Dit Khadija, « ma foi, Allah ne t’humiliera jamais. Tu cultive la parente, composes avec tout le monde, assistes les nécessiteux, donnes l’hospitalité aux hôtes et aide à faire triompher la vérité ». Elle l’emmena chez son cousin Waraka ibn Nawfal ibn Asad ibn Abdil-Ozza.
Celui-ci était chrétien depuis l’époque antéislamique. Sachant écrire l’hébreu il écrivait aisément l’évangile dans cette langue. C’était aussi un grand sage qui avait perdu la vue.
Khadija s’adressa à lui en ces termes : « cousin, écoute ce que va te dire ton neveu ! » Warakah dit à mohammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) : « Neveu, que s’est-il passé ? »
Celui-ci lui décrit ce qu’il vit. Warakah reprit : « ça c’est la loi qu’Allah avait fait descendre sur Mousâ. Ah ! Si seulement j’étais jeune ! Si seulement j’étais en vie au moment où ton peuple te fera sortir ! ». Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) dit : « vont-ils me faire sortir, eux ? ». « Oui » Répondit Warakah ajoutant : « Aucun homme n’a jamais apporté quelque chose de semblable à ce que tu apportes sans s’exposer à l’inimitié et l’adversité ; Mais, si ce jour me trouve en vie je t’aiderai énergiquement. »
Ensuite, Warakah ne tarda pas à mourir. La révélation fut interrompue.
La période d’interruption de la révélation
Ibn Saad rapporte d’ibn Abbâs que la durée de la période d’interruption de la révélation fut de quelques jours. C’est cela le plus probable mais aussi ce qui se dégage après exploration de tous les aspects. Pour ce qui est de l’information répandue selon la quelle une telle période s’étendait sur trois ans ou deux ans et demi, elle ne saurait être vraie ; mais ce n’est pas ici le lieu de s’étendre sur sa réfutation.
Durant l’interruption, le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) resta affligé et triste, frappé d’étonnement et de stupéfaction. A cet égard Al-Boukhari rapporte dans son livre intitulé « Kitâb at-Tabîr » les propos ci-dessous :
La révélation s’interrompit un moment. Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) selon ce que nous a communiqué, éprouva alors une telle tristesse et une telle amertume qu’il songea à aller précipitamment se jeter du haut des hautes montagnes. Cependant, toutes les fois qu’il était au sommet d’une montagne, prêt à se jeter dans le vide, Jibril (Gabriel) lui apparaissait et s’adressait à lui en ces termes : « Mohammed ! Tu es sans aucun doute le messager d’Allah ». Cela le rassurait et le dissuadait de son acte.
Lorsque l’interruption de la révélation lui paraissait longue par la suite, il tentait le même acte.
Toutefois, dès qu’il était au sommet de la montagne, Jibril lui apparaissait et lui répétait les même propos.
Jibril pour la deuxième fois apporte la révélation
Selon ibn Hajar, l’objectif de l’interruption de la révélation pendant des jours était de faire revenir le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) de sa frayeur et aussi de lui faire retrouver l’envie de vivre. Dès que l’objectif fut atteint et que le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se mit à attendre la suite de la révélation, Jibril revint pour la deuxième fois. D’après ce que rapporte Al-Boukhâri de Jabîr ibn Abdillah, il a entendu le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) parler de l’interruption de la révélation en ces termes : « Alors que je marchais, j’entendis soudain une voix appelant du ciel. Alors, levant les yeux, je vis le même ange qui m’était apparut à Hirâ, assis sur une chaise entre le ciel et la terre. Je fus tellement surpris que je roulai à terre. De retour à ma famille je m’écriai : « enveloppez-moi ! Enveloppez-moi ! » Et on m’enveloppa.
Alors Allah le très haut fit descendre les versets allant de :
« O ! Toi (Mohamed) ! Le revêtu d’un manteau ! Lève- toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur. Et tes vêtements, purifie-les. Et de tout péché, écarte-toi. » Sourate ‘Le revêtu d’un manteau’ versets 1, 2, 3, 4, et 5
Ensuite, la révélation se poursuivit, ininterrompue. Un autre hadith authentique mentionne : « j’ai séjourné pendant un mois à Hirâ ».
Après mon séjour, je descendais ; Mais lorsque je pénétrais dans la vallée … ( Ensuite le prophète mentionna ce qui précède.)
En d’autres termes il descendit après y avoir passé le mois de Ramadan. L’intervalle entre les deux révélations était de dix jours ; car le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ne passa pas un autre Ramadan à la grotte de Hirâ après la descente de la première révélation. Ces versets de la sourate de l’adhérence (Al-Alak) furent le point de départ de la mission. Leur postérité par rapport à l’événement de la prophétie s’apprécie sur la base de leur période de révélation. Ils comportent deux types de charge et précisent au prophète les attitudes à tenir :
1. Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait à charge de communiquer et d’avertir ; comme le laisse apparaître la parole d’Allah : « lève-toi et avertis » dont le sens est « avertis les gens contre le châtiment que leur infligera Allah s’ils ne sortent pas de leur légèreté, de leur égarement, s’ils ne renoncent pas à adorer autre qu’Allah et aussi à l’associer à d’autres dans son essence, ses attributs ses droits et ses actes.
2. Le messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) avait aussi à charge d’appliquer sur lui-même les ordres d’Allah, le Transcendant, le Très Haut de s’attacher à ces ordres pour obtenir, par ce biais, sa satisfaction et devenir le bon exemple pour quiconque croit en Allah.
Cela apparaît dans le reste des versets :
· « Et de ton seigneur, célèbre la grandeur » en d’autres termes célèbre exclusivement sa grandeur ! Et à cela n’associe personne ».
· « Et tes vêtements, purifie-les ». Le sens littéral ici est purification des vêtements et de corps car, bien sur, celui qui célèbre la grandeur d’Allah et se présente à lui, ne doit avoir aucune marque de souillure et de saleté. Si c’est une telle purification qu’on demande, à plus forte raison la purification des ordures de l’associationnisme ainsi que de la turpitude des actes et des caractères. La parole « et de ton péché, écarte-toi » veut dire : « Eloigne-toi de tout ce qui entraîne la colère d’Allah et détermine celui-ci à châtier et cela, en t’attachant à obéir et à éviter les actes de désobéissance ». La parole : « Et ne donne pas dans le but de recevoir davantage » signifie : « Ne pratique pas le bien pour ensuite en chercher rémunération chez les gens, ou viser à en avoir meilleure rétribution en ce bas monde ».
· Quant au dernier verset « Et pour ton Seigneur, endure » il renferme un avertissement contre le mal que son peuple (à lui Mohammed (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) ) pourrait lui faire si, professant une autre religion, il appelait à Allah et à Allah seul sans associé, l’avertissait contre la violence du châtiment que leur réserve celui-ci.
De surcroît, le début de la sourate englobe un appel sublime faite d’une voie éminente –choisissant Mohammed (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) pour porter l’illustre charge, l’arrachant du sommeil, de son manteau et de la chaleur de son lit pour le mener au Jihâd, à la lutte et aux épreuves :
« O toi, le revêtu d’un manteau ! Lève-toi et avertis ».
Tout se passe comme si l’on disait : « Ceux qui vivent pour eux-mêmes pourraient trouver le repos. Quant à toi qui portes ce lourd fardeau qu’as-tu à faire du sommeil ? Où trouveras-tu le repos ? Qu’as-tu à faire de la chaleur du lit, de la vie paisible et des commodités ? Debout ! Une grande affaire t’attend. Le lourd fardeau t’attend. Debout ! Au travail ! Fait des efforts, trime, fatigue-toi ! Debout ! Ce n’ait plus l’heure du sommeil et du repos ! Tu ne connaîtras désormais qu’insomnie continuelle et pénibles activités. Debout ! Prépare-toi pour cette affaire ! Sois prêt ».
C’est donc une parole sublime et redoutable qui l’arracha de la chaleur du lit au cœur de la maison paisible, pour le pousser au large, entre les remous et les tempêtes, entre la pression et l’attraction que décrivaient la conscience des gens et la réalité de la vie.
Ainsi, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) se leva et ensuite resta debout pendant vingt ans au cours desquelles il ne connut ni repos, et ne vécut ni pour lui-même, ni pour sa famille. Il se leva et resta debout pour appeler à Allah et porter l’écrasant fardeau sans toutefois succomber, le fardeau de la grande loyauté, à la surface de cette terre, le fardeau de toute l’humanité, le fardeau de la croyance dans son entièreté, le fardeau de la lutte et du Jihâd
A mener dans des domaines extrêmement variés. Le prophète (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui) passa plus de vingt ans dans une bataille rude et continue. Au cours de cette période rien ne le détourna de son objectif, à savoir depuis qu’il perçut l’appel haut et sublime et reçut, par ce biais, la large redoutable. Puisse Allah le rétribuer en bien au nom de toute l’humanité.

